Vous faites un 48, un 50, un 54 ou davantage et vous aimez les vêtements. Déjà, mes condoléances, parce qu’une bonne partie de l’industrie de la mode semble considérer qu’au-delà du 42/44, votre principal projet vestimentaire devrait être de trouver une tunique « flatteuse » et de ne surtout déranger personne.
Vous entrez sur un site, vous voyez une veste sublime, vous cliquez sur « tailles » : 34, 36, 38, 40, 42. Parfois un 44 apparaît, sans doute dans un grand élan humanitaire. Puis rideau. Apparemment, après cette taille, les femmes cessent d’avoir des réunions, des rendez-vous, des mariages, des jambes, des goûts et accessoirement une carte bancaire.
Franchement : vous n’avez pas un problème de mode parce que vous faites plus qu’un 48. La mode a un problème d’offre.
Et malheureusement, en attendant qu’elle se soigne, il faut bien s’habiller.
Premier conseil : arrêtez de chercher votre taille partout
Quand je travaille avec une cliente Size ++, je ne commence pas par lui faire parcourir cinquante sites où 97 % des vêtements s’arrêtent avant sa taille. C’est une excellente technique si l’objectif est de terminer la soirée convaincue que votre corps est le problème.
Internet donne théoriquement accès à tout. Encore faut-il savoir où chercher.
Créez-vous plutôt une short-list de boutiques et de marques qui travaillent réellement les grandes tailles, et commencez vos recherches chez elles. Vous gagnerez du temps, mais surtout vous éviterez cette petite expérience psychologique formidable qui consiste à tomber amoureuse de douze vêtements avant de découvrir qu’aucun n’existe pour vous.
Votre taille n’a pas à être la surprise désagréable de la fin du shopping.
Deuxième conseil : oubliez votre numéro de taille pendant cinq minutes et prenez vos mesures
Le 50 d’une marque peut se comporter comme le 48 d’une autre, pendant que le 52 d’à côté décide soudainement de vous aller parfaitement. Les tailles féminines ont globalement la rigueur scientifique d’un horoscope de magazine.
Quand on achète ses vêtements en ligne, surtout au-delà du 48, le mètre ruban est beaucoup plus intéressant que l’étiquette.
Prenez votre poitrine, votre taille, vos hanches et, pour les pantalons, votre longueur d’entrejambe. Puis regardez le guide de tailles de chaque marque avant de commander.
C’est moins glamour que « je prends toujours du 50 », mais beaucoup plus efficace.
Et surtout : si vous avez besoin d’un 54 dans une marque alors que vous portez habituellement du 50, vous n’avez pas subitement grossi pendant le chargement de la page. C’est juste leur patronage.
Respirez, personne n’appelle la police du 54.
Troisième conseil : ne confondez pas « ça ferme » et « ça me va »
C’est probablement l’erreur la plus fréquente en shopping online. Vous recevez le pantalon, vous réussissez à fermer le bouton et vous décidez que l’affaire est réglée.
Non.
Un vêtement qui ferme est un vêtement qui ferme. C’est tout.
Regardez où tombent les épaules, ce qui se passe à l’entrejambe, si les poches bâillent, si le tissu tire sur la poitrine, si la veste remonte dans le dos et surtout si vous pouvez vivre normalement dedans sans passer la journée à tirer dessus.
Et ne prenez pas systématiquement plus grand pour « cacher ».
Mettre trois tailles de tissu supplémentaires autour d’un corps ne le fait pas disparaître. Parfois, ça fabrique juste un très grand rectangle avec vous quelque part à l’intérieur.
Le oversize peut être magnifique en grande taille lorsqu’il est voulu, proportionné et construit. Le sac informe acheté par peur de montrer son corps, beaucoup moins.
La différence est là.
Mais où acheter des vêtements femme au-delà du 48 ?
Heureusement, tout le monde n’a pas encore décidé que la mode s’arrêtait au XL. Voici cinq adresses online que je regarde régulièrement lorsqu’il faut habiller une femme qui porte du 48, 50, 52, 54 ou davantage.
Ulla Popken est probablement l’un des plus gros terrains de jeu en termes de tailles puisque la marque annonce actuellement une offre du 44 au 68, avec un guide allant même jusqu’au 70 sur certaines catégories. Tout n’est évidemment pas stylistiquement extraordinaire, nous sommes ici pour chercher des vêtements, pas pour entrer dans une secte, mais il y a énormément de choix et leur ligne Studio Untold permet notamment d’aller chercher des pièces plus contemporaines.
Almé est intéressante lorsque vous avez besoin d’un choix vraiment large et mode. Le site français propose actuellement des vêtements jusqu’au 54, avec beaucoup de références disponibles dans les tailles 48 à 54. On y trouve du quotidien, du denim, des robes, des manteaux et des pièces plus mode. Il faut trier, évidemment. Mais je trie également chez Zara, donc l’égalité règne enfin.
ASOS Curve reste une bonne piste parce que l’offre ne ressemble pas uniquement à une collection conçue pour « camoufler les rondeurs avec élégance », cette phrase qui me donne personnellement envie de commettre un délit. On y trouve du tailoring, du denim, des robes, du street, des volumes et des pièces plus pointues, avec ASOS Curve mais aussi plusieurs labels Curve disponibles sur la plateforme.
Marina Rinaldi, c’est une autre catégorie de budget, mais aussi une vraie option lorsqu’on cherche des vêtements plus premium, travaillés et élégants sans donner l’impression que le styliste a abandonné toute créativité à partir du 46. Le guide français de la marque va actuellement jusqu’au 58. Pour une belle veste, un pantalon construit, une robe ou une pièce forte, je regarde.
Enfin, La Redoute reste un énorme couteau suisse. Pas forcément pour acheter les yeux fermés, mais parce que les filtres permettent de chercher directement par taille parmi différentes marques. Au moment où j’écris cet article, le site propose plusieurs milliers de références filtrables en 50, 52, 54, 56 et 58. L’intérêt est précisément de ne plus perdre vingt minutes chez une marque avant de découvrir qu’elle vous a abandonnée trois tailles plus tôt.
Il y en a évidemment pleins d’autres 🍀
Et surtout, ne réduisez pas votre style à votre taille
C’est probablement la partie qui m’agace le plus.
Lorsqu’une femme fait un 38, on lui demande quel est son style. Lorsqu’elle fait un 52, on commence immédiatement à lui parler de ce qui « affine ».
Comme si son goût personnel avait été absorbé par son tour de taille.
Vous pouvez faire un 54 et aimer le minimalisme, le tailoring masculin, les couleurs explosives, le rock, les silhouettes japonisantes, le sexy, le très classique ou le complètement barré. Votre taille est une donnée technique pour trouver le vêtement.
Ce n’est pas une direction artistique.
Le vrai enjeu est donc exactement le même que pour toutes les femmes : comprendre ce que vous voulez raconter avec vos vêtements, apprendre vos proportions, trouver les bonnes adresses et arrêter d’acheter par défaut ce qui a simplement eu la bonté d’exister dans votre taille.
Chez Les Jolis Mômes, c’est aussi ce que je travaille avec mes clientes Size ++ : pas comment cacher leur corps, mais comment construire un vestiaire vraiment désirable autour du corps qu’elles ont aujourd’hui.
Parce qu’à partir du 48, vous n’avez pas besoin de devenir raisonnable.
Vous avez surtout besoin de meilleures adresses. Et éventuellement de quelqu’un qui sache où fouiller.
